Il est temps que notre réseau de santé change de culture

Montréal, le 31 août 2025

Il est temps que notre réseau de santé change de culture.

Dans notre réseau de la santé, on parle beaucoup de soins médicaux, d’accès aux services,d’attentes et de budgets. Mais on oublie trop souvent un acteur essentiel : le proche aidant.

Aujourd’hui, lorsqu’une personne tombe malade ou perd de l’autonomie, rien n’est prévu pour l’aider automatiquement à identifier et à mobiliser un proche aidant. Pourtant, dans bien des cas, ce proche existe, il est là, il aime la personne et ne demande pas mieux que de se laisser convaincre d’assumer ce rôle.

Pourquoi alors laisser les familles se débrouiller seules ? Pourquoi attendre que l’épuisement s’installe, que la culpabilité s’enracine et que les relations se brisent, avant de reconnaître officiellement le rôle du proche aidant ?

Le respect de l’autonomie est important. Mais l’autonomie ne veut pas dire isolement. L’éthique ne doit pas servir de prétexte pour ignorer un besoin humain fondamental : celui de ne pas traverser l’épreuve seul.

Reconnaître le proche aidant, ce n’est pas le forcer à tout porter. C’est lui donner un cadre, du soutien, du répit, et la légitimité de dire : J’aide, mais je ne suis pas seul à aider.

Il est temps que notre réseau de santé change de culture. Il est temps d’intégrer, dès le départ, la question du proche aidant dans chaque plan de soins. De former les intervenants à identifier ces ressources humaines et affectives qui gravitent autour des patients. D’offrir aux aidants un réel accompagnement : information, soutien psychologique, reconnaissance financière et services de répit.

Car sans eux, combien de personnes resteraient sans soins, sans soutien, sans dignité ?

Aux décideurs, aux gestionnaires et aux professionnels de la santé : je vous lance cet appel. N’attendons pas que les proches s’effondrent pour les reconnaître. Créons un système où l’aide s’organise, où les aidants sont partenaires, et où la solidarité humaine est considérée comme une force, pas comme un fardeau invisible.

C’est une question de respect, de dignité et d’humanité.

Actuellement, le réseau de santé est surtout organisé autour des soins médicaux et professionnels : médecins, infirmières, travailleurs sociaux, établissements. Le proche aidant est vu comme un complément informel, non comme une ressource intégrée.

On ne met pas systématiquement en place de mécanisme pour identifier, former et accompagner les proches aidants.

Actuellement, s’applique le respect de l’autonomie.

Par principe éthique, on évite d’imposer un aidant à une personne en perte d’autonomie, même si ce serait bénéfique.

Le système veut éviter de forcer une dépendance affective ou familiale qui pourrait ne pas convenir à tous (cas de relations familiales fragiles ou de conflits).

La culture sociale, encore emmurée dans un labyrinthe d’étiquettes, se retrouve incapable de se remettre elle-même en question.

Nous demeurons mal adaptés à cette reconnaissance.

Pourquoi alors laisser les familles se débrouiller seules ? Pourquoi attendre que l’épuisement s’installe, que la culpabilité s’enracine et que les relations se brisent, avant de reconnaître officiellement le rôle du proche aidant ?

Le respect de l’autonomie est important. Mais l’autonomie ne veut pas dire isolement.L’éthique ne doit pas servir de prétexte pour ignorer un besoin humain fondamental : celui de ne pas traverser l’épreuve seul.

Yves Babin

yvesbabin@hotmail.com

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