Montréal février 2026
A la personne concernée
Effet pervers :
Comment des mesures bien pensées peuvent aggraver la situation qu’elles visent à améliorer.
Un effet pervers désigne la conséquence négative, inattendue et contre-productive d’une action, d’une décision ou d’une politique, qui aboutit à un résultat opposé à l’intention initiale.
On s’attend à ce que je gère, que je m’adapte aux formalités, que je suive la procédure, que je reste dans le cadre.
Mais je refuse de réduire mon engagement qu’à ça.
Je ne suis pas indifférent aux besoins concrets. Je ne suis pas insensible à la fragilité d’une personne. Au contraire, c’est précisément parce que je me soucie profondément d’elle que je refuse de me laisser absorber par une mécanique qui me détourne d’elle.
Le système prétend soutenir.
Mais il produit des effets pervers.
Il épuise ceux qui accompagnent.
Il infantilise ceux qui questionnent.
Il étiquette ceux qui s’insurgent.
Il transforme l’amour en dossier administratif.
Moi, je choisis de m’attaquer à l’invisible.
À cette structure qui rend le soin plus compliqué qu’il ne devrait être.
À cette logique qui oblige à se défendre au lieu d’accompagner.
À cette organisation qui fragmente le lien humain sous prétexte de le protéger.
Je ne me bats pas contre des personnes.
Je me bats contre une dynamique.
Je refuse que l’énergie d’un proche aidant soit aspirée par la défense de sa légitimité.
Je refuse que la bienveillance soit conditionnelle à la docilité.
Je refuse que la complexité bureaucratique remplace la simplicité du soin.
Mon combat n’est pas contre l’aide.
Il est pour un système qui n’empêche pas d’aider.
Et tant que ces effets pervers ne seront pas nommés, ils continueront d’agir dans l’ombre.
Moi, je choisis de les nommer.
Et de m’y opposer.
Yves Babin
yvesbabin@hotmail.com